La Champagne Ardenne perd des habitants, mobilisons-nous !
L’INSEE vient de publier de nouvelles projections pour 2050. L’Hexagone devrait compter 70 millions d’habitants en 2050, contre 60,7 millions en 2005. C’est une bonne nouvelle pour les Français ; ces projections étant revues à la hausse par rapport à celles de 2001.
Toutefois, les nouvelles sont nettement moins réjouissantes pour la Champagne-Ardenne. De loin, nous sommes (encore…) la région de France qui perdra le plus d’habitants (-5,5%, soit l’équivalent d’une ville comme Troyes). Quel paradoxe !
Nécessairement, ces projections vont relancer le débat sur l’attractivité de notre territoire, que ce soit dans le domaine économique, touristique ou encore du cadre de vie. Un récent diagnostic de la Champagne-Ardenne rappelait « la situation socio-démographique préoccupante de notre région », et « sa fragilité économique ». Toutefois, ce même diagnostic soulignait que notre région dispose de réels atouts, et notamment dans le domaine de la recherche et l’innovation - où il a été constaté de réels potentiels à développer – et notre cadre de vie de qualité, qui jouit d’un environnement préservé.
Face à ce constat, nous devons réagir. C’est par la mobilisation des acteurs de notre territoire que nous serons à même d’être plus attractifs. J’en veux pour preuve deux exemples.
La reconnaissance de notre pôle de compétitivité Industries et Agro-ressources comme pôle à vocation mondiale est une consécration pour tous les acteurs économiques et politiques qui se sont lancés dans cette aventure. Ils ont su, à un moment stratégique, se mettre autour d’une table, définir des objectifs communs et travailler ensemble.
Dans le même état d’esprit, je me réjouis de la création du G10 qui réunit dix villes de Champagne-Ardenne et de Picardie, véritable réseau de villes dont l’ambition est de se doter d’une stratégie métropolitaine forte, dépassant les limites administratives de notre région. Ce réseau, qui n’en est qu’à ses débuts, devra faire ses preuves en démontrant la valeur ajoutée qu’il apportera dans des domaines fondamentaux tels que les infrastructures de transports, sa politique d’attractivité, ou encore ses ambitions en matière de développement durable.
De ces deux exemples, il faut retenir l’impérieuse nécessité de savoir travailler en réseau, à l’échelle d’un territoire pertinent au regard des projets que nous portons. C’est ce qui a été initié dans le Nord avec des coopérations métropolitaines (Lille – Roubaix – Tourcoing) qui ont su dépasser les frontières nationales (L’Eurométropole de Lille – Kortrijk - Tournai). Chacun dans notre champ d’action (à l’échelle tant urbaine que rurale, dans des secteurs aussi variés que le social, l’économie,…), nous devons être en mesure de mutualiser nos forces, dépasser nos antagonismes pour relever le défi de l’attractivité de notre belle région. Et retrouver une dynamique démographique.